Aménagement de la dépendance : les 5 conseils indispensables

Nous en avions déjà largement parlé, , vous savez maintenant que tout doit être mis en œuvre pour l’aménagement  du foyer de vos proches fragiles, quel que soit leur niveau de dépendance. Une fois que ce souci de sécurité est réglé, vous aurez l’esprit tranquille… euh, en fait vous pourrez passer à un autre problème ! Mais voyez le bon côté des choses, un seul à la fois  🙂

Alors combien vaut la sécurité de votre cher dépendant et votre sécurité d’esprit ?? Bien, la bonne  réponse, celle que vous allez faire à coup sûr est « ça n’a pas de prix… »  et avec le sourire en plus. Allez dire cela à votre banquier ! il comprendra… ou pas !

Ce pragmatisme a évidemment un coût…certain. Alors je ne vais pas enfiler mon costume de comptable, mais plutôt vous dire comment, quels que soient les aménagements nécessaires, cela pourrait abaisser de façon très significative la note ! Etre efficace ne peut pas faire de mal.

Personnellement, je suis de ceux qui sont nés avec deux mains gauches. Donc ne comptez pas sur moi pour vous donner des trucs et astuces sur la main d’œuvre pour l’aménagement ou la pose du genre « Faites le vous-même ». Certes je sais que c’est la mode, mais là cela dépasse mes compétences sur le sujet. Vous rêviez d’un tuto Do It Yourself sur la pose d’un volet électrique ? Ca n’arrivera pas et je vais vous décevoir ! j’assume, et franchement vous le regretteriez amèrement J

De plus et c’est un détail qui a son importance, il faut que l’installateur, pour certains éléments, soit agréé…. Voilà aussi une bonne raison, de ne pas pouvoir (vouloir) le faire seul ! Parfois les règles strictes ont du bon. Encore une chose positive.

Je ne vais pas vous dire non plus de rogner sur la qualité des matériaux de cet aménagement car dans ce cas la sécurité et tranquillité d’esprit ne seraient pas au rendez-vous et donc vous seriez contre-productif et à cause de moi !

Alors maintenant que vous savez que je ne vais pas faire, voici ce que je vous propose : vous lister et vous expliquer comment faire financer vos travaux et rendre concret votre besoin d’aménagement, par qui et comment !

Notre star incontestée et dont vous êtes coutumiers à présent, l’APA !

L’Allocation Personnalisée d’Autonomie  dont je vous ai déjà abondamment parlé peut aussi financer votre aménagement.

Lorsqu’un membre de l’équipe médico-sociale (une assistante sociale en général) se rendra au domicile de votre proche dépendant, ou lorsque ce même membre reviendra 1 an après pour constater l’évolution éventuelle du handicap (c’est la loi). Ou bien encore à votre demande si la perte d’autonomie s’est accélérée, parlez-lui des aménagements que vous comptez faire.

Outre le fait qu’il peut être de bon conseil (on n’est jamais assez bien informé).

Il chiffrera vos besoins en la matière et les inclura totalement ou partiellement dans votre plan d’aide pour l’aménagement.

Les dépenses concernées dans ce plan peuvent être des petits travaux divers effectués au domicile de la personne âgée. Ou encore des aides techniques comme l’achat d’un fauteuil roulant, d’une canne ou d’un déambulateur, d’un lit médicalisé, d’un lève malade, de couches, etc…la liste n’étant évidemment pas exhaustive.

Tous les équipements qui peuvent être pris en charge par la sécurité sociale, ne pourront évidemment pas faire partie de ce plan. Car il n’a pas visé à tout prendre en charge de A à Z mais d’être une aide complémentaire en fonction des besoins et de leur évolution. Attention toutefois, Ils ne peuvent en effet pas être financés 2 fois.

Toutes les dépenses liées à l’adaptation et à la sécurisation du logement peuvent figurer également sur ce plan d’aide. Je veux parler des nez de marche antidérapants (conseil 1), des mains courantes (conseils 2 et 5), du monte escalier (conseil 3). Mais aussi de  la fourniture et de la pose de volets électriques (conseil 9), de l’aménagement de la salle de bain et des toilettes (conseils 10 et 11). Ou encore de la mise en place d’un système de télé surveillance, de détection des chutes et des aménagements liés au handicap (conseil 13). Tout cela peut être pris en charge dans le plan d’aide de l’APA pour peu évidemment que vous ne dépassiez pas le plafond prévu. Or en GIR 1 et 2, il y a de grandes chances que ce plafond explose. Mais dans ce cas, ne vous en faites pas, vous pouvez prétendre à d’autres aides.

Mais attention, n’essayez jamais de vous faire rembourser 2 fois (par le biais d’autres aides) les frais engagés, vous vous en mordriez les doigts car l’Etat appréciera modérément. Et c’est un euphémisme !

Les aides de l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat) 

Ces aides ont la particularité de s’adresser aux personnes aux revenus modestes ou très modestes, cette classification intervenant en fonction de leurs revenus. Si la personne en perte d’autonomie est propriétaire d’un logement qui a plus de 15 ans ou locataire. Si ses revenus sont inférieurs aux plafonds prévus par l’ANAH (vous pouvez vous renseigner sur son site Internet). Cet organisme l’aide à continuer à financer des travaux d’adaptation aptes à la maintenir chez elle le plus longtemps possible.

La pose de volets roulants automatisés (conseil 9), l’installation d’équipements spécifiques (conseils 1, 2, 3, 5, 8, 10, 11 et 12) sont pris en charge à hauteur de 35 % du montant total des travaux hors taxe si la personne âgée se situe dans la catégorie des ménages modestes, ou 50 % si elle se situe dans celle des ménages très modestes. Vous voyez, plein de bonnes nouvelles quand on regarde bien !

Les aides fiscales pour l’aide à domicile 

Celle-là vous ne vous y attendiez pas ! Vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt de 500 € par an pour des prestations de petit bricolage dites « hommes toutes mains » qui peut vous permettre par exemple de faire poser au choix les nez de marche antidérapants (conseil 1), les mains courantes (conseils 2 et 5), les volets électriques (conseil 9), ou d’aménager la salle de bain (conseil 10). Attention, l’administration fiscale a, en la matière, ajouté la contrainte que l’intervention ne doit pas dépasser 2 heures.

Je vous avoue que je ne saisis pas vraiment pourquoi cette mesure restrictive a été déterminée, mais c’est un élément à avoir en tête !

Les aides des caisses de retraite 

La caisse de retraite de votre proche dépendant ou en passe de le devenir peut proposer des aides financières et matérielles pour financer des aides techniques. Cela peut concerner l’achat de nez de marches antidérapants (conseil 1), des mains courantes (conseils 2 et 5), le financement de travaux d’adaptation du logement, l’achat d’un système de télé surveillance (conseil 13), et d’autres équipements dont la liste vous sera donnée par un conseiller directement sur simple appel.

S’il a cotisé sous plusieurs régimes, il faut vous adresser à celui pour lequel il a cotisé le plus grand nombre de trimestres, c’est logique J

Les aides au logement à domicile (APL ou ALS)

La personne âgée qui est locataire de son logement, ou qui accède à la propriété par le biais d’un prêt (c’est plutôt rare à cet âge:)) peut être bénéficiaire de cette aide.  Ou celle ou qui est hébergée par un accueillant familial agréé, si ce logement constitue son habitation principale (elle doit l’occuper au moins 8 mois par an).

Cette aide est calculée en fonction de ses ressources, du montant de son loyer ou de son prêt, et du lieu où est situé son logement. Il s’agit soit de l’Aide Personnalisée au Logement (APL) si ce logement est conventionné. Soit de l’Allocation de Logement Sociale (ALS) qui est versée dans tous les autres cas. Ces 2 aides n’étant pas cumulables. Pour accéder à cette aide il faut vous renseigner auprès de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF).  Une estimation du montant de cette aide peut être réalisée directement sur le site de la CAF mais elle n’est pas négligeable pour prendre en charge une partie de l’aménagement à financer.

 

Ce début de liste n’est évidemment pas exhaustif, mais comme souvent, il faut bien commencer quelque part !

Vous aurez noté que je ne vous parle jamais d’un placement en EHPAD (maison de retraite), non pas que j’y sois opposé, mais parce que je n’y connais rien. Alors je me cantonne à ma petite expérience 🙂

Je me rappelle que mon père m’a toujours dit qu’il n’y mettrait jamais les pieds et a convaincu ma mère que sa théorie sur ces établissements qu’il qualifiait de « mouroirs » était la bonne. Je m’étais quand même renseigné au moment où l’aménagement de leur domicile s’imposait.  A ce moment, je ne savais pas quel chemin prendre pour répondre au mieux à leurs besoins que je ne faisais qu’entrevoir à l’époque.

J’avais trouvé un studio dans un EHPAD proche de la ville où ils avaient toujours vécu. Pas loin de chez moi, c’était bien pensé, douillet.

J’avais fini, non sans mal, de les convaincre qu’ils pourraient au moins me faire le plaisir de visiter ce logement. Je les y ai donc conduits mais la vue de vieillards grabataires dans le grand salon de cette maison de retraite eut un effet dévastateur. Après un peu plus de 10 mn passées dans les lieux, la sentence fut sans appel : « on s’en va ! » : seul commentaire de mon père, qui ainsi referma définitivement le chapitre, au grand dam de la directrice qui me glissa quand même sa carte de visite « Au cas où ».

Ce cas où ne se présenta jamais. Dans la famille, quand on dit non, c’est non, un point c’est tout. Non mais. Je me lançai donc dans le maintien à domicile coûte que coûte.

Tous les travaux d’adaptation de l’aménagement ont donc été menés à leurs frais pour la plupart, il faut dire que je ne connaissais alors pas grand-chose à la dépendance et aux aides accordées. Maintenant je sais, mais il est trop tard. Renseignez-vous, il existe sans doute quelques alternatives que je ne connais pas. Soyez patient, et rigoureux, faites le tour, car cela en vaut la peine.

Le site http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/ est une bonne manière de commencer vos lectures, c’est une mine de renseignements.

N’hésitez pas à partager vos bons plans, on est toujours plus intelligents à plusieurs…

 

A très vite

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