Ma vue sur la dépendance de mes parents

Je partage ici ma prise de conscience un peu difficile de la dépendance de mes parents. Il m’a fallut du temps pour admettre ce que je ne voulais pas voir car trop pénible : mes proches vieillissaient et perdaient leur autonomie progressivement. Découvrez comment j’ai d’abord refusé l’évidence, par confort. Et puis comment j’ai été confronté assez vite à la nouvelle réalité qui s’était installée. 

Ma dépendance à l’aveuglement

La cécité psychologique…. Vous connaissez ?

(ne fuyez pas on va parler de dépendance de mes parents vieillisant, vous allez voir !)

Non ce n’est pas une énième pathologie de la sénescence, mais plutôt une tare de la jeunesse (toute relative c’est vrai). Pas la peine d’aller chercher dans le Vidal le bon médicament, vous perdez votre temps !

Mais si vous savez bien, allez, réfléchissez, nous sommes tous des athlètes de haut niveau dans cette discipline !

Mais si …

Ces deux étages qui vous laissent essoufflés… ce n’est pas parce que vous avez pris 6 kg et que votre dernière séance de sport date d’il y a 4 mois, non !!! C’est parce que les marches sont plus hautes qu’ailleurs…

Ou le non moins fameux : « mais non, je ne pleure pas, j’ai une poussière dans l’œil quand je regarde Titanic pour la 17eme fois »

Ou encore, l’excellent mais toujours efficace, « je ne tousse pas parce que je fume trop mais juste parce que je suis enrhumé » (oui toute l’année, même en vacances et alors… ?)

Vous avez compris, nous imitons souvent ce bel animal qui pense se cacher des yeux de tous en s’enterrant dans le sable… laissant dépasser… et bien… tout son corps 🙂 L’autruche a ceci de commun avec nous qu’elle est capable de se persuader de ce qu’elle veut.

ma vue surla dépendance de mes parents

Accepter la dépendance, c’est le contraire de faire l’autruche

La prise de conscience

Quand ma mère est tombée la première fois, ce n’est pas parce qu’elle avait des soucis moteurs, c’est parce qu’elle n’avait pas fait attention, c’est tout ! Ce n’était pas grave … Rien à voir avec la dépendance. Quand elle avait du mal à coordonner ses gestes pour mettre la table, elle était fatiguée ou stressée même si je ne savais pas de quoi. mais peu importait ! Rien à voir avec la dépendance non plus je vous dis !

Quand mon père a espacé ses visites, je me suis dit qu’il était « un peu » fainéant, qu’il ne faisait pas beaucoup d’efforts…. D’ailleurs, quand mes parents sont devenus grands parents, que je suis devenu père, personne n’a vieillit… personne, chacun à sa place, dans ma tête en tous cas. Et c’est bien là que nos proches vivent, bien plus que dans la réalité 🙂

A l’époque j’aurais même pu me persuader que les cheveux grisonnant de ma mère n’étaient qu’une faute de goût dans son choix de couleur capillaire, c’est vous dire. Mais rien n’entamait mon inaltérable cécité, tellement confortable, elle était mon rempart, ma forteresse imprenable, la couverture qui me tenait chaud le soir. Elle me protégeait de l’inéluctable.

Mes parents si forts, si puissants, ne pouvaient pas vieillir, je les croyais éternels, invincibles, car je les regardais toujours avec mes yeux d’enfants. Pourtant, ils m’avaient eu sur le tard, comme un dernier cadeau de la vie, je les avais toujours vu « plus vieux ». 40 ans nous séparaient mais rien à faire, mon regard ne s’adaptait pas, je ne voyais pas les signes, je ne tirais pas la conclusion trop amère.

Et je n’ai même pas le sentiment de m’être menti, je crois que je ne pouvais pas, ou plutôt que cela me demandait un effort que j’étais incapable de fournir… Je regardais mes enfants grandir, passer de l’hyper dépendance à l’affirmation, je les accompagnais sur la route de l’indépendance sans jamais penser que dans le même temps, le cycle naturel des choses induisait impérativement que de l’autre côté mes parents avaient déjà entamé le cheminement inverse = passer de l’indépendance à l’hyper dépendance.

Je voulais l’éternité pour les miens. Alors je l’ai fabriquée, patiemment, me privant d’une partie d’eux il faut bien l’admettre.

Rien de mal au fond, nous avons tous ce réflexe qui nous rend si humain. Pourtant dans ma situation, j’aurais gagné du temps, et j’aurais profité de mes parents, si je les avais vus et regardés tels qu’ils étaient, et non pas comme je les voulais.

Ne pas juger

J’aurais adapté doucement mes habitudes sans les juger pour leur faire une nouvelle place, celle que ma vie, mon enfance, leurs avaient fait mériter. J’aurais été plus doux, plus compréhensif, plus à l’écoute.

Il aurait fallut admettre que les marches ont la même hauteur partout, que mes 6 kg de trop sont les seuls coupables. Mais c’est avec le temps et ces quelques ratés, que j’ai pris le recul nécessaire pour me l’avouer, et reconnaître qu’à mon tour je vieillissais aussi… 🙂 et l’on ne comprend certaines situations que lorsqu’on les vit.

Je vais devoir changer mes arguments imparables de cécité, ou plutôt non, je vais laisser ceux qui m’entourent trouver les leurs, car nul doute qu’ils seront aussi doués que moi pour s’en fabriquer !

Des sur mesure, des implacables, des inoxydables, et des intelligents, bien sûr.

Et vous ? Vous êtes borgnes ou complètement aveugles ? Si vous êtes aveugles, quel genre êtes-vous ?

A moins que vous ayez déjà recouvré la vue ?

Je vous le souhaite 🙂

Une réflexion sur “Ma vue sur la dépendance de mes parents

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